Sénégal : Les producteurs de fruits et de légumes de la Casamance perdent 60 à 70 % de leurs productions

Faute d'industries de transformation et  de conservation, et à cause de la présence de la mouche des fruits et des pratiques post-récoltes, les producteurs de fruits et de légumes de la Casamance perdent 60 à 70 % de leurs productions. C'est le Projet d'Appui au Développement Rural en Casamance (Paderca) qui donne ces chiffres effarants. La lutte contre la mouche des fruits qui est engagée est loin d'être gagnée. En attendant, de petites unités de transformation se mettent en place, mais elles sont loin d'être la solution.   En Casamance, les producteurs de fruits et de légumes perdent 60 à 70% de leurs productions, faute d’accès au marché et  aux infrastructures de conservation. Dans cette région Sud du pays, il n’y a aucune infrastructure de conservation.

Moralité, les producteurs sont obligés de brader leurs productions à 75 F Cfa le Kg, au lieu de 150 F CFA, juste pour amortir les charges engagées pour la culture. La révélation est de Ives Amoussougbo, Assistant technique aux filières agricoles au Projet d’Appui au Développement Rural en Casamance (Paderca).


La filière maraîchère, qui est aussi un  autre créneau porteur pour les jeunes, dit-il, rencontre d’énormes difficultés, liées à la pourriture des produits, et à la productivité.Les principales cultures sont celles de la tomate, du piment et de l’oignon. «Les producteurs produisent, mais n’ont pas accès au marché et  aux infrastructures de conditionnement. Conséquences, les récoltes pourrissent. Alors qu’ailleurs, vous avez la possibilité de faire de la purée de tomate, de piment, mais en Casamance ce n’est pas le cas», regrette Ives Amoussougbo. Ce dernier est convaincu qu’il y a un problème de marché qui se pose et qui fait que les producteurs ont du mal à écouler leurs produits. «Ce n’est pas un problème de surproduction, c’est plutôt un problème de marché. La zone est enclavée, il n’y a pas d’infrastructures de transport», dit-il.  

Les pratiques post-récoltes de la filière banane

Quant à la filière banane, mise en œuvre dans la région de Sédhiou, l’on note des pertes dues aux pratiques post-récoltes. «Le Paderca est en train de réhabiliter environ 250 ha de bananeraies,  en mettant des infrastructures de production et de conditionnement d’hors champ. Ce sont ces actions qui vont empêcher la banane de pourrir», souligne l’Assistant technique aux filières agricoles. Ce dernier indexe aussi les mauvaises pratiques. C’est «quand, dit-il, la banane n’est pas récoltée dans des conditions mature, est mal transportée et mal manipulée». Et de renchérir : «Aujourd’hui, nous avons fait en sorte que les producteurs disposent de charrettes dans lesquelles on met les mousses pour permettre une bonne manipulation de la banane. Arrivée au centre, la banane est découpée, lavée, séchée et mise en carton. Cette pratique a permis d’éviter quarante pour cent des pertes», souligne  Ives Amoussougbo.

La tomate face à l’équation de la transformation

La tomate n’échappe pas aux mêmes difficultés, même si les  femmes ont été formées dans la maîtrise des outils de transformation, de manière à avoir la purée de tomate. «Aujourd’hui, les vingt-cinq GIE agro-alimentaires peuvent transformer la tomate et la stocker. C’est le cas pour le piment transformé en purée. Malheureusement, les activités de transformation ne sont pas prévues dans le cadre du projet Paderca, parce que ça coûte excessivement cher», déclare Ives Amoussougbo

Plus de 50 jeunes dans la filière oignon

En ce qui concerne l’oignon, le Paderca  appuie quarante à cinquante jeunes. «Nous avons des techniques de conservation qui permettent à un producteur de conserver son produit pendant trois ou quatre mois, au moment où le prix du légume coûte  100 F Cfa le Kg. La conservation lui permet de vendre plus cher lorsque le produit va se raréfier, lorsque le kg d’oignon atteint les 600 F Cfa», déclare l’Assistant technique aux filières agricoles.

La mouche des fruits

Depuis quelques années les producteurs de mangues font face à la mouche des fruits qui détruit l’essentiel des productions. En dehors de ces attaques de parasites, la mangue est confrontée à un problème de commercialisation.  Comme le confirme El Hadj Mamadou Conté, Directeur général régional du Développement rural de Ziguinchor (Drdr) : «Il y a d’abord la question de la commercialisation de la mangue qui s’est posée depuis une trentaine d’années. Les projets de mise en place des manguiers ont démarré autour des années 70 et depuis lors, il y a toujours eu des problèmes de vente des produits fruitiers. Cela a d’ailleurs plusieurs origines, d’abord le fait qu’il n’y a pas un circuit clair de commercialisation des mangues». Il explique que «c’est souvent des dames ou des «bana-banas» qui viennent dans les vergers et qui transportent vers Dakar. Mais vu la production qu’on a dans la région, il impossible d’évacuer toutes ces mangues sous cette forme par les «bana-banas» ou les femmes qui font le trajet Dakar-Ziguinchor par le bateau ou la route».  

Il se pose aussi un problème de qualité par rapport à l’exportation. «Il y a beaucoup de mangues qu’on appelle ici les «mangos», c’est-à-dire qui n’ont pas cette qualité de vente au niveau extérieur. Il y a la «Sierra Leonnaise», la mangue diola etc, qui sont consommées localement, mais qui ne sont pas des produits exportables».


En effet, depuis 2004, la question de la «mouche des fruits» cause énormément de problèmes. Il est même arrivé que des producteurs abattent complètement leurs vergers. «Nous avons essayé au niveau de la coordination régionale, à partir de la Drdr, de trouver une solution à cela. Des formations ont été organisées, des Ong ont travaillé avec nous pour que l’on puisse éradiquer ce mal. La mouche des fruits est tellement disséminée qu’il est difficile, par nos méthodes utilisées, c’est-à-dire piéger les femelles, de venir à bout de ce parasite», souligne le patron de la Drdr.


Aujourd’hui, une nouvelle méthode a été essayée, la parasitosoïde,  qui est développée aujourd’hui par l’Isra (Institut sénégalais de recherches agricoles) à partir des souches venant du Bénin. La méthode consiste à faire des lâchers dans les vergers pour que ces parasitosoïdes attaquent la mouche des fruits.


Pour  El Hadj Mamadou Conté, «les méthodes existent, mais il faut une coordination au niveau de la lutte. Au départ, il y avait une réticence, mais il va falloir travailler sur un programme de lutte contre la mouche des fruits.  Des appuis ponctuels qui ne peuvent pas, à mon avis, régler la question».

Sa présence décelée depuis 2004

Saliou Djiba, Chef du centre Isra Djibélor de Ziguinchor, confirme que la présence de la mouche des fruits a été décelée entre 2003-2004 dans cette zone. Et depuis, elle n’a cessé de progresser. «Pour le Sénégal, la mouche a commencé par la Casamance et a progressé. Aujourd’hui, toutes les productions de mangues sont infestées. Elle fait de très grands dégâts sur la production. La mouche a obligé des producteurs à détruire leurs arbres fruitiers. Ils ne récoltent plus rien à cause de cette mouche», souligne le patron du centre Isra de Djibélor.  Il explique que la mouche a besoin du fruit pour se multiplier. «Quand le fruit atteint un degré de maturité, la femelle vient le piquer et y pond son œuf. Celui-ci va se développer et à l’éclosion, la larve se nourrit de la chair. La larve va se développer pour entrer dans le sol et de la pulpe naîtra une autre mouche qui recommencera le cycle. C’est souvent très difficile, vous vous en prenez à la mouche adulte, mais une fois qu’elle a pondu, vous avez des difficultés pour atteindre l’insecte parce qu’il est à l’intérieur du fruit et s’il en sort, il est dans le sol. C’est pourquoi la lutte contre cette mouche est extrêmement difficile», souligne le technicien de l’Isra.
Saliou Djiba confie que «des progrès sont en train d’être faits et des méthodes qui ont prouvé qu’on peut y venir  à bout, sont en train d’être mises en œuvre».

Des méthodes pour venir à bout….

Plusieurs méthodes sont utilisées pour venir à bout de la mouche des fruits. «On utilise l’Insecticide, un produit chimique ou biologique qui tue l’insecte dès qu’il y a contact. C’est un produit à base de toxine, mais qui est naturel. Par contre, avec la méthode chimique, il y a des résidus de pesticide qui reste sur le fruit. Or, le marché international que nous visons aujourd’hui n’accepte pas un certain niveau de résidus», explique le technicien de l’Isra.  El Hadj Mamadou Conté du Drdr est du même avis : «Nous n’avons jamais accepté l’utilisation des produits toxiques dans la région, parce qu’elle est très fragile. Nous ne voulons pas utiliser des méthodes chimiques à grande échelle parce que cela peut avoir des effets sur l’environnement. Nous préférons utiliser des méthodes qui ne feront pas souffrir l’environnement», dit-il.

Parasitosoïde

L’autre méthode est dénommée : Parasitosoïde. Elle consiste en «l’utilisation d’autres organismes vivants pour lutter contre la mouche. Cette méthode a fait ses preuves ailleurs. Heureusement, avec le concours du Paderca et la Dpv à Dakar, nous avons initié cette lutte ici à Ziguinchor. Nous de l’Isra nous avons été impliqués dans ce travail grâce au Pdmas qui nous a permis de voir comment l’agent biologique que nous voulons utiliser pour lutter contre la mouche peut s’établir dans notre environnement», explique  Saliou Djiba, avant d’ajouter; «C’est la recherche que nous menons qui nous permettra de savoir si le parasite est bien adapté à notre environnement.  Nous ne sommes pas encore arrivés à cette conclusion, nous avons initié le travail. Il y a des guêpes qui ont été importées, c’est-à-dire l’agent biologique qui va lutter contre la mouche. Ce sont des parasitosoïdes importés du Bénin depuis l’année dernière. On a voulu mettre en même temps un petit laboratoire pour élever ces guêpes pour qu’à la longue on n’ait plus à les importer. Ce travail est en train d’être fait avec le financement du Paderca. Une fois que cette  guêpe s’établit dans  notre nature, elle va se débrouiller toute seule pour trouver sa source de nourriture, à savoir la mouche des fruits».

Les résultats de la recherche tardent

Pourquoi alors les résultats de la recherche tardent à tomber ? Le technicien de l’Isra note que «C’est assez compliqué. Ce sont des organismes vivants que nous manipulons. Pour rassembler toutes les conditions pour que ça marche, il faut pouvoir synchroniser l’arrivée des guêpes que nous importons avec la période où il y a beaucoup de mouches qui attaquent. Or, quand nous avons eu les premiers échantillons de ces parasitosoïdes, on a dépassé la période des mangues, il n’y avait pas beaucoup de mouches à parasiter. L’élevage que nous avons essayé de mettre en place ici n’a pas  perduré parce qu’on ne maîtrise pas beaucoup les conditions de son élevage. Ce sont des facteurs qu’il faut prendre en compte». Il précise que « des lâchers de parasitosoïdes ont été faits de Diouloulou à Enampor. Là on est en période de début de mangues. Et si on continue sur cette lancée, on aura  le parasitosoïde et la population de mouches des fruits qui vont coïncider».


Pour le patron de la Drdr de Ziguinchor : «On ne peut pas parler d’inefficacité des méthodes utilisées. La mouche n’a pas démarré ici, elle a eu à faire son chemin dans d’autres pays comme le Bénin, On peut traiter la mouche ici à Ziguinchor, mais si on ne le fait pas à Sédhiou ou à Kolda, cela pose problème. Vous savez que nous sommes une région frontalière. Nous avons essayé d’avoir des connexions avec la Guinée-Bissau. Une fois que la mangue parasitée entre dans notre  région, le parasite se dissémine rapidement. Donc, on ne maîtrise pas totalement ce qui se fait en Guinée-Bissau et également en Gambie. Si le Sénégal traite ces arbres fruitiers, alors que les autres pays qui se trouvent à moins de dix kilomètres de notre territoire national croisent les bras, cela pose problème quand on sait que la dissémination de la mouche est extrêmement rapide», déclare M. Conté.

Eradiquer à 80% la mouche des fruits

Ives Amoussougbo du Paderca concède : «Aujourd’hui, la mangue fait l’objet d’un sérieux problème d’attaque par la mouche des fruits qui déprécie fondamentalement la matière première et fait qu’on a pratiquement cent pour cent de pourriture liée à la piqûre de la mouche», dit-il, avant d’ajouter : «Par rapport à ce problème, nous avions pris contact avec des institutions internationales qui sont en train de nous accompagner pour lutter contre la mouche des fruits. Nous sommes en train de mener la lutte biologique contre la mouche avec un institut basé à Cotonou et la Dpv de Dakar. Nous sommes en train de faire des lâchers de parasitoses qui sont des ennemis naturels des mouches des fruits et permettent à terme, dans trois ou quatre ans, d’éradiquer à 80% la mouche des fruits. Si la mouche des fruits est éradiquée, on aura plus ce problème de perte. Je vous donne un exemple : j’ai acheté vingt manques que j’aie laissées sur la table, une semaine après, toutes les mangues sont pourries à cause de la mouche des fruits. Pour vous dire les dégâts causés par la mouche ».


Les producteurs sont aussi associés à la lutte contre la mouche des fruits. «Les producteurs font partie du Comité de coordination de lutte contre la mouche des fruits. Ils ont participé à l’ensemble des formations et parmi eux, il y a des formateurs. Nous avons déroulé à Ziguinchor des formations depuis 2007, dont le  piégeage des femelles», explique M. Conté

L’anthracnose

Saliou Djiba  de l’Isra de Djibélor avance une autre cause du pourrissement des mangues : c’est la maladie   qui s’en prend aux mangues et qui s’appelle l’anthracnose (maladie des végétaux provoquée par un champignon microscopique).   «Il y a deux ans de cela, on avait un projet pour la protection des mangues contre la mouche. En évaluant les causes de détérioration de ces fruits, on s’est rendu compte que l’anthracnose causait beaucoup plus de dégâts que la mouche. Mais aujourd’hui, chaque fois qu’une mangue tombe, on pense à la mouche des fruits, alors qu’il y a une autre cause sous-jacente qui fait que les choses s’aggravent de plus en plus», relève le technicien de l’Isra. Il ajoute; «En ce qui concerne l’anthracnose, nous avons travaillé dans le cadre d’un projet et on a fait intervenir un collègue pathologiste qui était à l’Université de Thiès, Dr Madialiké Diédhiou. Il a pu déterminer  que la plus grosse des pertes que nous subissons sur la mangue est due à l’anthracnose. Ainsi, il a pu trouver un produit, malheureusement chimique, qui peut faire un effet. Donc, la méthode de lutte contre ces maladies existe, reste maintenant à poursuivre les études pour voir si ce produit qu’on utilise laisse des résidus chimiques sur les fruits dont le niveau est élevé ou pas».


La question est de savoir si l’on peut venir à bout de la mouche des fruits : «On a beaucoup d’espoir avec cette lutte biologique. Il faut que le parasitosoïde s’adapte dans la zone, c’est lui-même qui va rentrer partout pour essayer de trouver la mouche où elle se cache. Cette guêpe parviendra à baisser la population des mouches. Tous les efforts sont concentrés sur cette lutte biologique», dit M. Djiba.

En pensant à l’année rose…

Pour Ives Amoussougbo la mouche des fruits cause d’énormes dégâts : «Il y a des producteurs qui avaient connu l’année rose de la mangue. En son temps, un verger d’un quart d’hectare permettait au producteur de vendre une valeur de 600 000 F Cfa par campagne. Aujourd’hui, un producteur ne peut pas avoir 30 000 F Cfa à cause de la mouche des fruits», regrette-il. A la question de savoir si la mouche des fruits a fait baisser la production, El Hadj Mamadou Conté déclare : «C’est vrai que la mouche des fruits a eu un effet néfaste dans les vergers, mais entre temps, ils (vergers) ont augmenté, des producteurs se sont installés. Présentement, il est vrai que la mouche des fruits a entamé fortement la production de la mangue», dit-il, avant d’expliquer ; «Quand la mangue est piquée par la mouche des fruits, elle contamine les autres. Ce qui peut causer des problèmes par rapport à cette possibilité de continuer cette exportation, si jamais on se permet d’envoyer des mangues piquées par la mouche. C’est tout cela qui fait qu’on a un véritable frein. En plus, on n’a pas de véritables commerciaux par rapport à la commercialisation de la mangue. Il faut développer cette filière à travers l’ensemble de la chaîne de valeur».

Appui aux producteurs

 Le Paderca est en train, selon Ives Ives Amoussougbo, «d’appuyer les femmes à valoriser la mangue, à travers des actions de transformation comme le séchage. Il y a vingt-cinq entreprises agro-alimentaires de la Casamance qui sont aujourd’hui en train de valoriser la mangue. Une partie de la mangue est pourrie, certes, mais la majeure partie est transformée par les femmes à travers le séchage». L’Isra de Djibélor fait les mêmes efforts en direction des producteurs : «On a collaboré avec l’Ita qui est venu enseigner, faire le renforcement de capacités de certains membres de GIE pour transformer la mangue dans le but d’en faire un jus, de la marmelade, des traces de fruits séchés. D’autres unités se sont installées, mais ne sont pas allées loin. Mais il y a de la matière. Peut-être qu’avec les résultats de la recherche, ça peut encore prendre du temps.  Si on a une production vraiment très localisée cela pose problème pour que ces industries aient de la matière première qui leur permettra de travailler toute l’année. Si on a une production étalée, c’est possible qu’on puisse développer ces industries», souligne Saliou Djiba   de l’Isra.


Des solutions sont en train d’être envisagées pour venir à bout des problèmes de production. «De petites unités sont créées pour la transformation de la mangue, soit par le séchage, soit sous forme de jus. Il y a une petite unité d’une capacité de production d’environ 30 000 litres par an. Mais ça ne suffit pas. Je pense qu’on gagnerait à avoir une véritable usine de transformation pas seulement de la manque, mais pratiquement de tous les fruitiers dans la région», souligne El Hadj Mamadou Conté de la Drdr.

Il n’y a pas de surproduction

Tous ces problèmes que connait que la filière mangue peuvent faire penser à une surproduction, mais il en est rien; «En réalité, il n’y a pas de surproduction. Le malheur en est que la plupart des variétés que nous utilisons murissent en même temps, de sorte que le manque industrie de transformation des fruits, de circuit de commercialisation, donne l’impression qu’on a une surproduction. A une certaine période de l’année, on a beaucoup de fruits et comme toute la production n’est pas utilisée, une bonne partie pourrie. C’est pourquoi la recherche à voulu introduire dans la zone des variétés de cycle différent pour qu’on puisse étaler la production. On va avoir des variétés précoces, de cycle qui tombent à la période des mangues, mais des variétés tardives», dit-il, avant d’ajouter ; «Malheureusement, tant qu’on ne règle pas le problème de cette mouche, ce sont les variétés tardives qui sont les plus attaquées, parce que la population de mouches explose avec l’installation de l’hivernage. Ce sont ces variétés tardives qui sont les plus prisées pour l’exportation. Si dans un conteneur de fruits,  un seul (fruit)  est malade à cause de la mouche, c’est tout le conteneur qui est détruit».
En effet, la  mangue est exportée jusqu’en Europe, via la Gambie. Il y a quelques vergers qui exportent. C’est le cas de l’association des producteurs arboricoles de Diouloulou (Apad), dans le département de Bignona, qui a des partenaires à l’extérieur. D’autres producteurs de Ziguinchor font de l’exportation.

L’exemple du Gie «Waré Production»

En matière de transformation, l’on peut noter quelques petits pas avec le GIE «Waré Production» qui s’approvisionne au niveau du village de Toubacouta, plus particulièrement avec les femmes encadrées par Usoforal. «Nous faisons du vinaigre de mangue et de la vinaigrette. Malheureusement, il n’y a pas une grande diversification de la gamme. Le Gie envisage, dans l’avenir, de faire des mangues sachées. Le Gie utilise sept tonnes dont 25 000 litres par an de production», explique Ndèye Marème Bodian, Conseillère en communication de Waré Production. Elle souligne que «Le Gie n’est pas dans une production à grande échelle. Trouver un marché pour écouler le produit, c’est très difficile. Les bailleurs qui financent le Gie ne prennent pas trop l’aspect Marketing. Ils oublient que production égale vente. Tout ce qui les intéresse, eux, c’est la partie recherche et production et ils minimisent le volet marketing. Et si cela ne marche pas, le Gie ne peut pas faire une production à grande échelle, ni même couvrir l’achat des mangues au niveau de la Casamance».


En ce qui concerne l’exportation, le «Waré Production» est dans la phase des négociations. Pour ce qui est du marché national, il a été divisé en quatre zones ; Casamance, Dakar, Mbour , Saint-Louis, Thiès, Bakel, Louga, Kaolack etc. «Les zones 1 et 2 ne sont pas couvertes. Nous avons un stock 5000 litres de vinaigre. Le reste qui est dans le fut fait près de 15 000 litres», déclare la Conseillère en communication de Waré Production.

Bacary Domingo MANE

SudOnline